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Par Thierry Ottaviani,
Président de SOS Bruit Paris
Depuis
le 22 mai, les Parisiens peuvent consulter, sur le site Internet de la Ville
de Paris, une cartographie du bruit routier. Celle-ci leur indique en théorie
rue par rue, étage par étage, à combien de décibels
leur logement est exposé. En théorie seulement, car cette cartographie
n’a pas pu prendre en compte tous les types de nuisances sonores. Pour
mesurer le bruit réel des activités urbaines, il aurait fallu
installer dans la capitale des millions de sonomètres ! Les ingénieurs
de la Ville ont travaillé autrement.Intégrant de multiples données
modélisées telles que le trafic, le bâti ou le revêtement
de la chaussée, ils ont reconstitué virtuellement ce que pouvait
être le bruit routier à Paris. Si les résultats de ces longs
travaux semblent corrects concernant le bruit moyen lié à la circulation,
on peut néanmoins regretter un certain nombre de lacunes.
Pour ce qui est du bruit routier, les nuisances sporadiques, comme les klaxons, les motos pétaradantes ou les camions de livraisons n’ont pas pu être modélisés. Autre défaut : les bruits générés par le trafic de la SNCF et de la RATP ne figurent pas encore sur la carte.Ainsi, par exemple, la zone du 14e arrondissement survolée par la ligne B du RER, entre Denfert-Rochereau et Cité Universitaire, apparaît sur la cartographie comme un lieu calme. Pourtant, il y a quelques mois, les habitants de logements récents construits à proximité de cette ligne signaient une pétition pour se plaindre du bruit des trains. Enfin, la carte a laissé de côté l’ensemble des nuisances sonores causées par les bars, restaurants, discothèques ou ateliers des rues dites « animées ». Or, il faut bien savoir que les voies piétonnes ou à faible circulation ne sont pas forcément les plus tranquilles, dès lors qu’elles disposent d’un réseau commercial développé.
Même
si cette cartographie est l’occasion de remettre sur le tapis la politique
de la Ville en matière de lutte contre le bruit,les Parisiens qui s’attendaient
à trouver un recensement complet des nuisances sonores dans la capitale
vont être déçus. Rappelons qu’en 2000, la Mairie de
Paris et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat
(Anah) avaient lancé une opération prévoyant, dans certaines
conditions,une aide financière pour la pose de fenêtres anti-bruit.Faute
de réelle publicité, cette initiative est, malheureusement, passée
aux oubliettes l’hiver dernier.Pourquoi ne profiterions-nous pas de l’élan
généré par la carte du bruit pour relancer l’opération ?
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