• Point de vue de Thierry Ottaviani dans le journal 20 minutes du 16 juin 2003
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    « La carte du bruit ne prend pas en compte toutes les nuisances sonores »



    Par Thierry Ottaviani, Président de SOS Bruit Paris



    Depuis le 22 mai, les Parisiens peuvent consulter, sur le site Internet de la Ville de Paris, une cartographie du bruit routier. Celle-ci leur indique en théorie rue par rue, étage par étage, à combien de décibels leur logement est exposé. En théorie seulement, car cette cartographie n’a pas pu prendre en compte tous les types de nuisances sonores. Pour mesurer le bruit réel des activités urbaines, il aurait fallu installer dans la capitale des millions de sonomètres ! Les ingénieurs de la Ville ont travaillé autrement.Intégrant de multiples données modélisées telles que le trafic, le bâti ou le revêtement de la chaussée, ils ont reconstitué virtuellement ce que pouvait être le bruit routier à Paris. Si les résultats de ces longs travaux semblent corrects concernant le bruit moyen lié à la circulation, on peut néanmoins regretter un certain nombre de lacunes.

    Pour ce qui est du bruit routier, les nuisances sporadiques, comme les klaxons, les motos pétaradantes ou les camions de livraisons n’ont pas pu être modélisés. Autre défaut : les bruits générés par le trafic de la SNCF et de la RATP ne figurent pas encore sur la carte.Ainsi, par exemple, la zone du 14e arrondissement survolée par la ligne B du RER, entre Denfert-Rochereau et Cité Universitaire, apparaît sur la cartographie comme un lieu calme. Pourtant, il y a quelques mois, les habitants de logements récents construits à proximité de cette ligne signaient une pétition pour se plaindre du bruit des trains. Enfin, la carte a laissé de côté l’ensemble des nuisances sonores causées par les bars, restaurants, discothèques ou ateliers des rues dites « animées ». Or, il faut bien savoir que les voies piétonnes ou à faible circulation ne sont pas forcément les plus tranquilles, dès lors qu’elles disposent d’un réseau commercial développé.

    Même si cette cartographie est l’occasion de remettre sur le tapis la politique de la Ville en matière de lutte contre le bruit,les Parisiens qui s’attendaient à trouver un recensement complet des nuisances sonores dans la capitale vont être déçus. Rappelons qu’en 2000, la Mairie de Paris et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) avaient lancé une opération prévoyant, dans certaines conditions,une aide financière pour la pose de fenêtres anti-bruit.Faute de réelle publicité, cette initiative est, malheureusement, passée aux oubliettes l’hiver dernier.Pourquoi ne profiterions-nous pas de l’élan généré par la carte du bruit pour relancer l’opération ?


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