Cette lettre a été adressée à tous les candidats à l'élection présidentielle de 2007:
LETTRE AUX CANDIDATS À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2007
[…]
Alors que
beaucoup de politiques se préoccupent, à juste titre, du problème
des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement
climatique, il n’en va pas de même, pour l’instant, du problème
des nuisances sonores en France, lequel n’a pratiquement pas été
abordé à ce jour par les candidats à l’élection
présidentielle.
Or, les études récentes de l’INSEE le confirment : le bruit
est la principale préoccupation des Français en matière
de gêne environnementale.
L’absence de ce thème dans la campagne des présidentielles
nous préoccupe beaucoup. D’autant que de nombreuses études
scientifiques ont démontré que les nuisances sonores avaient des
effets sur la santé, tant au niveau psychologique que physique.
Des millions de Françaises et de Français sont régulièrement
exposés à des niveaux sonores élevés. C’est
le cas de familles vivant près d’activités bruyantes, d’axes
routiers à grand trafic, de voies ferrées ou d’aéroports.
C’est le cas également de personnes gênées par un
voisinage au comportement bruyant.
Les sources de bruit sont certes très variées (bruit au travail,
troubles anormaux du voisinage, transports, pots d’échappement
trafiqués…), mais nous constatons que, dans la plupart des cas,
les difficultés qu’ont les victimes à faire valoir leurs
droits viennent toujours des mêmes causes :
— Nous remarquons en effet un manque de sensibilisation des pouvoirs publics
au problème du bruit. Les victimes ont beaucoup de mal à obtenir
un constat par les forces de l’ordre qui considèrent parfois les
nuisances sonores comme la dernière des priorités. Les sanctions
sont loin d’être systématique et, au pénal, les plaintes
sont souvent classées sans suite.
— Nous constatons aussi que les administrations donnent très peu
d’informations aux victimes du bruit, lesquelles ne savent pas toujours
vers quel organisme se tourner. Il existe aussi très peu de suivi des
victimes.
— Le traitement des dossiers par les administrations concernées
est beaucoup trop long. Les plans de protection programmés par l’Etat
(murs antibruits, aides à l’isolation…) ont des retards inquiétants.
— Les pouvoirs publics ne traitent pas le bruit comme une véritable
pollution pouvant avoir des effets graves sur la santé. Nous remarquons
que les instances chargées de sanctionner les activités bruyantes
laissent ces dernières générer des nuisances sonores, même
lorsqu’elles savent que les seuils limites tolérés par la
réglementation ont été dépassés.
Nous vous invitons à venir consulter notre site Internet — www.sos-bruit.com
— et plus particulièrement notre forum qui témoigne en partie
des nombreuses plaintes et témoignages que nous recevons de personnes
excédées par les nuisances sonores.
La vie de ces personnes est un double cauchemar : cauchemar lié à
l’enfer du bruit, mais aussi de l’administration qui ne fait pas
toujours son travail : dysfonctionnements, manque de sensibilisation des pouvoirs
publics, pressions de certains lobbies, etc. Tout cela contribue à rendre
les victimes encore plus vulnérables.
Bref, les pouvoirs publics ne peuvent pas dire aujourd’hui que tout à
été fait pour lutter contre le bruit. Aussi nous voulons connaître
vos propositions en la matière. Nous serions très heureux de pouvoir
comparer sur ce point votre programme avec celui des autres candidats à
l’élection présidentielle.
[…]
Thierry Ottaviani
Président du Comité des victimes du bruit et de la pollution
Françoise Pénellon
Vice-présidente du Comité des victimes du bruit et de la pollution