Dépêche AFP du 13/09/06:
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PARIS (AFP) - Une campagne de mesures exhaustives du bruit, considéré
comme la principale nuisance par les Franciliens, va être lancée
en région parisienne et servira de base aux plans de lutte contre le
fléau.
L'observatoire du bruit en Ile-de-France, Bruitparif, commencera en octobre
à mesurer les fonds sonores en 250 points de la région, opération
qui se poursuivra jusqu'à fin 2007.
La campagne renseignera sur les multiples expositions au bruit dont les Franciliens
ont à souffrir - transports (ferroviaire, routier, aérien),
industrie et même loisirs - a expliqué mercredi le président
de l'organisme, Pascal Marotte, lors d'une conférence de presse.
La campagne répond aux exigences d'une directive européenne
traduite l'an passé en droit français, qui impose d'ici au 30
juin 2007 aux agglomérations de plus de 250.000 habitants et aux grandes
infrastructures de transport d'établir des "cartes stratégiques"
du bruit. Les cartes serviront ensuite à élaborer des plans
de lutte contre le bruit d'ici 2008.
"Le bruit sera mesuré sur 250 sites en un an, pendant une durée
d'un à sept jours pour documenter les différentes typologies
d'exposition au bruit en journée, en soirée et la nuit",
a précisé la directrice de Bruitparif, Fanny Mietlicki.
Les sonomètres seront installés à deux mètres
des façades et quatre mètres de hauteur, a-t-elle précisé.
"Ce sera la première évaluation globale du bruit à
l'échelle d'une région, qui nous permettra de fournir des données
réelles aux collectivités locales", a-t-elle fait valoir.
Pour Thierry Ottaviani, président du Comité des victimes du
bruit, une association d'un millier d'adhérents, "cette cartographie
sera une première étape". "Le plus important, ce sera
les plans d'action, mais quand seront-ils réalisés?", s'est-il
demandé. Il est "satisfait" cependant de voir les pouvoirs
publics se saisir d'une cause majeure de dégradation des conditions
de vie.
Selon une enquête de l'Insee réalisée en 2004, 54% des
ménages parisiens se déclaraient gênés par le bruit
à leur domicile, en priorité celui de la circulation automobile.
Même si celui-ci tend depuis à baisser sur les axes récemment
réaménagés, souligne le cabinet d'Yves Contassot, adjoint
au maire de la capitale chargé de l'environnement.
"Il s'agit d'un problème de santé publique et aussi d'égalité
sociale: ce sont en général les milieux sociaux les plus défavorisés
qui pâtissent le plus du bruit", a relevé mercredi le vice-président
du Conseil régional d'Ile-de-France chargé de l'Environnement,
Michel Vampouille.
Un demi-million de Franciliens résideraient en zone de "point
noir" pour le bruit routier, plus de 55.000 sont exposés au bruit
des voies ferrées et 2,34 millions sont régulièrement
survolés par des avions, dont 334.000 de façon quotidienne,
rappelle Bruitparif.
"Jusqu'ici, les seules mesures du bruit étaient effectuées
par les sources émettrices, comme les compagnies aériennes,
et ce facteur a été trop négligé dans les plans
d'aménagement des infrastructures", a remarqué Jean-Paul
Huchon, président du Conseil régional.
Paris devrait être prêt pour l'échéance européenne
2008. "Les cartes sont faites et les plans anti-bruit prêts. Il
nous reste à affiner certaines mesures du bruit industriel, comme celui
des gros climatiseurs", a souligné Laura Morosini, au cabinet
d'Yves Contassot.
Mais ce ne sera pas le cas pour l'ensemble des collectivités d'Ile-de-France,
a averti Michel Vampouille.
Publié le: 13/09/2006 à 16:10:37 GMT
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