FAQ CONCERNANT LES BRUITS DE VOISINAGE
Nous avons mis par écrit des réponses aux questions qui
nous sont souvent posées par téléphone au sujet de bruits
de voisinage.
La liste de ces questions n’est pas exhaustive et les réponses
restent volontairement élémentaires afin d’éviter
de donner l’idée que l’existence des nombreux textes de
loi sur le bruit impliquent systématiquement une application rapide
et efficace des pouvoirs publics. Les réponses sont donc faites en
fonction de l’expérience que nous avons des quelques solutions
pratiques qui peuvent être proposées en cas de problème
de bruit.
- A partir de combien de décibels considère-t-on qu’il
y a nuisance sonore quand on est un particulier ?
La législation sur les troubles anormaux du voisinage concernant les
particuliers et notamment les articles R-1334-31 et R-1337-7 (anciennement
R-48-2, puis R-1336-7 !!) du Code de la santé publique ne prévoit
pas de seuil en matière de décibels. Le constat de bruit de
l’huissier ou de l’agent des forces de l’ordre se fait à
l’oreille. La définition de gêne est donc subjective. En
revanche, pour ce qui est des nuisances sonores générées
par des lieux recevant du public, des entreprises, des usines non classées
ou autres activités, le seuil limite à partir duquel l'infraction
peut être constatée a été fixé à
25dB(A) à l'intérieur des pièces principales d'un logement
d'habitation et à 30dB(A) pour les autres cas.
Les valeurs limites de l'émergence globale (différence entre le niveau de bruit ambiant comportant le bruit particulier en cause et le niveau de bruit résiduel constitué par l'ensemble des bruits habituels en l'absence du bruit particulier en cause) sont de 5dB(A) le jour (7 heures - 22 heures) et 3dB(A) la nuit.
Depuis le 1er juillet 2007 l'émergence spectrale (différence entre le niveau de bruit ambiant dans une bande d'octave normalisée et le bruit résiduel dans la même bande d'octave) peut être aussi mesurée. Les valeurs limites tolérées pour l'émergence spectrales sont de 7dB(A) dans les bandes d'octave normalisées centrées sur 125 Hz et 250 Hz et de 5dB dans les bandes d'octave normalisées centrées sur 500 Hz, 1000 Hz, 2000 Hz et 4000 Hz.
Voir le décret n°2006-1099 du 31 août 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage
- Mon voisin dit qu’il a le droit de faire du bruit jusqu’à
22h ?
Il a tort : le bruit est interdit de jour comme de nuit (Code de la Santé
Publique). On parle de tapage nocturne uniquement en référence
à l’art. 623-2 du Code Pénal.
- A qui doit-on s’adresser quand on est victime de bruits de
voisinage ?
Tout d’abord à son voisin en l’informant par courrier (de
préférence avec A.R) que l’on est gêné par
le bruit, car ce dernier n’est pas forcément conscient de générer
des nuisances. Si on veut rester dans le cadre d’une résolution
amiable du conflit, on peut faire appel à un conciliateur de justice
du tribunal d’instance (il tient une permanence au tribunal d’instance,
dans votre mairie, ou dans une maison de la justice et du droit. La procédure
est gratuite). Si le bruit continue, il faut le faire constater par des agents
assermentés (huissiers ou forces de l’ordre). Enfin, témoignages
et constats à l’appui, vous pouvez entamer une procédure
judiciaire ; soit dans un cadre pénal si l’infraction a été
constatée par les forces de l’ordre en portant plainte auprès
du procureur ; soit devant le tribunal d’instance en prenant un bon
avocat.
- Qui fait les mesures de bruit?
Il n’y a pas de mesures de bruit en ce qui concerne les bruits de voisinage.
En revanche, pour ce qui est des nuisances sonores générées
par des lieux recevant du public, des entreprises, ou autres activités
(sauf les installations dites « classées par la protection de
l’environnement » qui dépendent des DRIRE), vous devez
demander à la mairie ou à la préfecture de prendre contact
avec la DDASS afin que des mesures soient effectuées.
Pour Paris, il faut s’adresser au bureau des actions contre les nuisances
de la Préfecture de Police (Direction des transports et de la Protection
du Public - Sous direction de la protection sanitaire - Bureau des actions
contre les nuisances -12/14, Quai de Gesvres 75004 PARIS -Tél. : 01
49 96 34 18).
- Existe-t-il des normes d’isolation phonique imposées
par la loi quand on est un particulier ? Quels recours ai-je si, en tant que
locataire victime de bruits de voisinage, mon propriétaire n’a
pas respecté les normes d’isolation phonique ?
Depuis le 28 octobre 1994, une nouvelle réglementation relative aux
caractéristiques acoustiques des bâtiments d’habitation
(NRA) remplace le texte de 1969 et les modifications de 1975.
Pour les logements construit après 1969 ou après la NRA, vous
pouvez vous retourner contre le propriétaire s’il y a un problème
d’isolation acoustique dans la mesure où il doit vous assurer
la tranquillité du logement. Mais ce dernier n’est pas forcément
responsable du défaut d’isolation : il peut alors lui se retourner
à son tour contre l’entrepreneur. Attention toutefois : même
si la NRA est plus stricte en matière de norme d’isolation, cela
ne garantit pas une absence totale de bruit.
- J’ai téléphoné plusieurs fois à
la police (ou gendarmerie) mais elle ne se déplace pas . Que faire
?
Déposez des mains-courantes au commissariat (ou gendarmerie) en insistant
sur la répétition des nuisances. Ecrivez un courrier au commissariat
ou à la gendarmerie pour signaler les troubles du voisinage dont vous
être victime.
- Les policiers (ou gendarmes) se sont déplacés, mais
aucun P.V. n’a été dressé à l’encontre
du bruiteur. Que faire ?
Il est courant que lors d’un premier déplacement, la patrouille
se contente de demander au bruiteur de diminuer le bruit. Insistez lorsque
vous avez la police ou gendarmerie au téléphone sur la répétition
des nuisances.
Si aucun P.V. n’a été dressé, un rapport interne
a été rédigé par la patrouille afin de justifier
son déplacement. Ce document peut-être utile en cas de procédure
civile (un avocat ou une association peut se le procurer auprès du
commissariat ou de la gendarmerie).
- Que dit la loi à propos des bruits de voisinage concernant
les particuliers ?
«Art. R. 1334-31. -Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée,
sa répétition ou son intensité, porter atteinte à
la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme,
dans un lieu public ou privé, qu’une personne en soit elle-même
à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une
personne, d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé
sous sa responsabilité.»
- Que risque la personne qui fait du bruit ?
Une contravention de 3ème classe qui peut aller jusqu’à
450 euros. Notons bien que si la peine maximale peut aller jusqu’à
450 euros, il n’y a pas de peine minimale et un juge peut très
bien, pour une première fois, ne pas condamner le bruiteur. La récidive
en revanche n’exclu pas une amende plus forte. De plus, si la personne
est à nouveau condamnée, elle encourt la peine complémentaire
de confiscation de la chose qui est à l’origine du bruit.
Pour la victime, il y a aussi la possibilité de demander des dommages-intérêts
dès lors qu’elle se porte partie civile s’il y a une procédure
au pénal ou au civil. Les dommages-intérêts peuvent être
élevés s’il s’avère que la personne a été
victime depuis de nombreuses années du tapage de son voisin.
— Le locataire du dessus vient de changer sa moquette contre un parquet
occasionnant pour moi une nuisance sonore. Que puis-je faire ?
Si ce règlement de copropriété stipule que le locataire
doit demander l’autorisation du syndic pour faire un changement du revêtement
de sol et que cela n’a pas été fait, il peut y avoir condamnation
lors d’une procédure civile.
— Est-il vrai que l’on peut bricoler le jour ?
Les bruits de bricolage sont tolérés : des arrêtés
préfectoraux fixent généralement 8h30-19h00 tous les
jours (sauf pour la samedi de 9h00 à 12h00 et les dimanches et jours
fériés de 10h00 à 12h00) les horaires où il est
possible de bricoler. Cela ne veut pas dire qu’il est autorisé
de bricoler tous les jours durant ces horaires en continue! Là encore,
ce sont les articles R 1334-31 et R 1337-7 du Code de la santé publique
qui entrent en vigueur.
— Que puis-je faire si j’ai des bruits de chantier ?
Pour l’instant, la loi considère qu’un chantier est par
nature bruyant et elle ne reconnaît aucun seuil de décibel !
Les articles R 1334-36 et R 1337-6 du Code de la Santé publique sanctionnent
d’une amende de 5ème classe (1500 euros maximum) toute personne
qui, à l’occasion de chantier de travaux publics ou privés
soit n’aura pas respecté les «conditions fixées
par les autorités compétentes en ce qui concerne la réalisation
des travaux, soit l'utilisation ou l'exploitation de matériels ou d'équipement»;
soit « l'insuffisance de précaution appropriées pour limiter
les bruit», soit « un comportement anormalement bruyant ».
La loi ne sanctionne donc pas le bruit mais son « anormalité
». Le décret du 23 janvier 1995 fixe toutefois l’homologation
des engins de chantier.
— Le bar situé en-dessous de mon appartement diffuse
de la musique amplifiée ?
Le décret no 98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux établissements
ou locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique
amplifiée (à l'exclusion des salles dont l'activité est
réservée à l'enseignement de la musique et de la danse),
stipule qu’en cas de contrôle, l'exploitant doit être en
mesure de présenter le dossier d'étude d'impact. Ce décret,
qui est surtout destiné aux discothèques, peut être appliqué
à tout établissement qui diffuse régulièrement
de la musique amplifiée. C’est le cas de nombreux bars ou restaurants
qui souvent ne disposent d’aucun certificat d’isolation acoustique
et qui ne sont donc pas en conformité avec la loi dès lors qu’il
y a diffusion régulière de musique amplifiée.